Actualités

Visite de la classe ULIS à Notre Dame de Lourdes (MaJ : retour d’Elise et Noémie)

6b2b0824-7fa0-47fa-a87a-716f6922177a
InformationsNon classé

Visite de la classe ULIS à Notre Dame de Lourdes (MaJ : retour d’Elise et Noémie)

Le jeudi 2 avril, deux ambassadrices ERABLH (Equipe Relais des Ambassadeurs de Bossuet de Lutte contre le Harcèlement) ont visité l’école de Notre Dame de Lourdes pour voir comment fonctionne la classe ULIS (Unité Localisée pour l’Inclusion Scolaire), en primaire et au collège.

Dans l’école primaire, nos deux ambassadrices ont retrouvé six élèves atteints de troubles du spectre de l’autisme. Ils sont chacun accompagnés tout au long de la journée par un AESH : un adulte assistant un élève. Ainsi leur journées se passent en alternant des temps en classe ULIS et des cours en classe entière, de niveau associé à leur âge. Certains élèves plus en difficulté ne passent que l’EPS et l’art plastique avec les autres élèves, pour mieux pouvoir s’intégrer avec des enfants de leur âge malgré des écarts de niveau scolaire. Des aménagements sont mis en place pour aider les élèves, tels qu’un petit trampoline pour se défouler.

Dans le dispositif ULIS du collège, les élèves atteints de troubles de l’apprentissage comme la dyslexie reçoivent des cours de soutien en français, mathématiques et méthodologie. Arsène et Farah trouvent que ce dispositif «est mieux que la classe entière »  et «que ça aide beaucoup ». Ils gardent néanmoins un emploi de temps similaire aux autres élèves. De plus, leurs évaluations abordent les mêmes matières. La seule différence ? Le format est adapté pour que les questions soient plus simples à comprendre. A ceci s’ajoute le soutient essentiel des professeurs qui font des pauses pour maintenir la concentration des élèves. Enfin, tout comme au primaire, ils ont du matériel et des équipements à disposition, en cours et en récréation. 

Pour conclure, les élèves de l’ULIS sont encouragés dans leur parcours scolaire dans le respect et la bienveillance. Le dispositif étant évolutif, il devient de moins en moins présent dans la vie des élèves, leur permettant d’automatiser certaines habitudes.

L’équipe Erablh

Témoignage : Visiter une ULIS ou redécouvrir la relation

Jeudi 2 avril, Elise et Noémie, membre de l’équipe des élèves ambassadeurs, sont allées visiter les élèves de l’ULIS (unité locale d’inclusion scolaire) de Notre Dame de Lourdes pour rencontrer ses élèves et encadrants.

Nous avons été très bien accueillies par la directrice et le responsable de l’ULIS primaire qui nous ont expliqué le fonctionnement de cette classe très particulière qui accueille des élèves touchés par des troubles du spectre autistique. Les élèves, en fonction de leurs capacités scolaires vont en cours dans des classes normales pour être avec les camarades dits « normaux » ; et le reste du temps, ils sont pris en charge entre eux, en petits groupes. Dans cette unité, il y a un AESH (accompagnant des élèves en situation de handicap) par élève. Ils ont donc une relation particulière entre eux. Ils se connaissent bien et sont complices.

Les élèves de l’ULIS sont souvent un peu plus âgés que les élèves de la classe dans laquelle ils sont envoyés à cause de leurs difficultés, mais on essaye de les mettre avec les jeunes de leur âge pour les disciplines de découverte.

Nous avons fait de très jolies rencontres

Ainsi, Nolan a 10 ans, il a un niveau scolaire de CE2. Il allait malgré tout en chorale et EPS avec les élèves plus proches de son âge. En dehors, il a des cours avec son AESH qui lui fait travailler la calligraphie. Il était très fier de nous montrer ses écrits. C’était l’enfant le plus sociable de tous. Il nous a beaucoup expliqué le fonctionnement de sa scolarité. Ce jour-là, son AESH était absente et il était heureux de montrer qu’il était capable d’écrire quand même. Il est content d’être suffisamment autonome pour manger à la cantine avec les autres élèves. C’est nous qui l’avons accompagné à son heure de chorale. Il n’avait pas très envie de chanter mais nous avons essayé de l’entrainer, même si cela n’a pas été très efficace.

Simon est plus petit. Il ne peut pas aller en cours avec les autres, sauf en arts plastiques. En effet, il n’arrivait pas à parler mais était très fier de nous montrer ses travaux !

Lucie, 8 ans, est non verbale. Elle a une tablette pour communiquer. Elle nous montrait des photos de sa famille, de ses vacances. C’est sa manière à elle de s’exprimer sur ce qu’elle vit. Elle va très peu en inclusion : elle a peur quand il y a trop de monde. Elle est très tactile et aime beaucoup faire des câlins et ne s’est pas privée de nous en prodiguer !

En deuxième partie d’après-midi, nous sommes allées au collège où nous avons rencontré les sixièmes. Nous sommes restées plus longtemps que prévu car nous nous y sommes senties très bien.

Le français et les mathématiques sont enseignés dans l’ULIS par des professeurs qui s’occupent des trois enfants concernés.

L’un d’entre eux était très bavard : il s’appelle Arsène. Même le professeur essayait de l’arrêter… Sans grand succès. Avec eux, nous avons pu parler du sujet du harcèlement. Ils étaient à ce moment en révision en vue d’une évaluation mais ils ont de courtes plages de travail et donc nous avons profité de la pause pour leur faire raconter un peu leur quotidien. Ils ont travaillé à définir ce qu’est le harcèlement. L’un d’entre eux nous a dit qu’il connaissait des gens qui ont été touchés. Et nous les avons interrogés sur les réactions des autres face à eux, leur différence. Arsène nous a expliqué que comme il parle beaucoup, les autres, parfois se moquent un peu de lui. L’ULIS est un refuge pour lui.

Nous pouvons donc témoigner que ces jeunes sont vraiment intégrés dans leur établissement et dans les groupes avec leurs camarades. Leurs copains peuvent venir jouer avec eux pendant les récréations aux jeux de société qui sont dans la classe.

Nous avons découvert des personnes formidables

Elise : j’ai trouvé ça touchant. J’ai découvert leurs personnalités, et ils se racontaient tous de manière différente. Ils étaient uniques. Ils avaient leur univers, leur façon de s’exprimer. On les a aussi vus joyeux, contents d’être là. Il n’y a eu aucune gêne. Nous avons été très bien accueillies et avons eu l’impression d’être à notre place. Comme notre venue avait été annoncée, les élèves étaient prêts et heureux de nous recevoir.

Noémie : je connaissais un peu l’autisme par le frère d’une amie. L’intégration pour nous a été très naturelle. Les responsables nous ont accompagnées pour établir une relation ajustée avec eux.

Cette visite nous a permis d’adopter une belle attitude d’écoute. Nous avons pris le temps de laisser s’exprimer chacun à son rythme sans imposer le nôtre. Nous avons appris à apprécier des petites choses dans le rapport humain. C’est humanisant. On se sent vite plus à l’aise avec des gens atteints de handicap qu’on ne connait pas qu’avec des inconnus « normaux ». C’est plus facile d’entrer en contact. Nous nous sommes réjouies avec eux de chacune de leur petite réussite et c’était heureux.

Si nous avions un message à passer ?

Nous avons vu des jeunes avec des troubles et des personnalités différents. Cela nous a ramenées à l’unicité extraordinaire de chaque personne rencontrée. Nous avons été conduites à nous débarrasser de nos idées préconçues pour découvrir qui ils étaient vraiment.

Cela montre que nous pouvons essayer d’être gentils les uns avec les autres et de ne pas nous arrêter sur nos différences mais de passer de bons moments ensemble. C’est important d’apprendre à connaître l’autre et ses difficultés et de ne pas s’arrêter à l’image qu’on a au premier abord. Evitons de mettre les gens dans des cases. Tous sont quelqu’un de beau qui a quelque chose à dire.